BlocLa feuille de planning qu'on respecte.

Comment étudier de longues heures sans perdre sa concentration : la méthode pour préparer un concours exigeant

En grandissant dans un village d'Azerbaïdjan, dans une famille aisée dont presque tous les membres avaient fait des études supérieures, la pression sur moi était immense. Ma famille, autrefois riche, avait tout perdu une première fois avec l'arrivée de l'URSS, puis une seconde fois après le déclin du régime soviétique.

Le pays où j'ai grandi avait un environnement particulier, marqué par d'immenses inégalités de richesse et un régime très corrompu. Je portais une énorme pression : réussir, et sortir ma famille de la précarité dans laquelle nous nous trouvions.

J'ai d'abord tenté ma chance en Azerbaïdjan, dans un lycée privé turco-arabe fondé par une fondation, le plus reconnu du pays, d'où sortaient chaque année des élèves admis dans les universités les plus prestigieuses du monde. Chaque année, seuls cent élèves étaient acceptés, après un concours portant sur plusieurs matières. Au prix d'une préparation acharnée, j'ai été admis dès la première tentative.

Deux ans avant la fin du lycée, la situation de ma famille s'est encore dégradée, et nous avons dû quitter le pays pour migrer en France. Là-bas, même objectif, mais un nouveau chapitre, encore plus difficile : apprendre une langue totalement nouvelle, tout en étudiant les mêmes matières que des jeunes de mon âge dont c'était la langue maternelle. Et malgré cet énorme désavantage, réussir à rivaliser avec eux, et même à les dépasser.

Comme vous le voyez, toute ma vie, j'ai dû mener de longues sessions d'étude et de préparation pour passer des concours et obtenir des diplômes. C'est pour cela que nous allons voir ensemble comment étudier de longues heures sans perdre sa concentration, et quelle stratégie adopter pour réussir vos longues sessions de révision et atteindre vos objectifs aux examens et aux concours.

Préparer un concours, c'est un marathon, pas un sprint

Pour tenir ces longues périodes de préparation et réaliser vos rêves, il vous faut du courage et de la discipline. De la discipline, parce que ce défi n'est pas un sprint mais un marathon : chaque détail compte. Au-delà de l'effort de travail, il faut aussi un bon sommeil, une bonne alimentation, un corps en bonne santé, une stabilité mentale, de la foi et de la confiance en soi, et une tranquillité spirituelle.

Ces éléments ne sont pas des à-côtés qu'on peut sacrifier pour gagner des heures de révision. Ils sont le moteur même de l'apprentissage. Le sommeil, par exemple, n'est pas du temps perdu : c'est justement pendant qu'on dort, surtout durant le sommeil profond, que le cerveau consolide ce qu'il a appris dans la journée. Réviser en dormant peu, c'est comme remplir un seau percé : on apprend le jour, et on perd une partie la nuit. L'étudiant qui sacrifie son sommeil pour réviser deux heures de plus retient en réalité moins que celui qui dort correctement.

Il en va de même pour le sport, que beaucoup voient comme du temps volé aux études. C'est l'inverse. L'activité physique augmente l'afflux de sang vers le cerveau et stimule des mécanismes qui améliorent directement la mémoire et la concentration. Une séance de sport n'enlève pas du temps à vos révisions, elle les rend plus efficaces. Et l'alimentation joue le même rôle : le cerveau est un organe qui consomme énormément d'énergie, et une alimentation instable, faite de repas sautés et de sucre, crée des pics et des chutes qui cassent la concentration. Une alimentation régulière, elle, fournit au cerveau un carburant stable pour étudier.

J'ai vu tout cela de mes propres yeux. J'ai des amis qui travaillaient plus que moi pour préparer les concours en France, mais avec une hygiène de vie qui n'était pas du tout saine. Ils ont fini par faire un burnout au lieu de réaliser leurs rêves, parce que leur corps n'a pas toléré ce niveau de tension et de stress : il n'était pas en assez bonne santé pour l'encaisser. Ce n'est pas un hasard, c'est un mécanisme connu : un stress intense et prolongé maintient le corps sous tension permanente, et à la longue, cette tension épuise les ressources physiques et mentales jusqu'à ce que tout lâche. Ce ne sont pas les moins courageux qui s'effondrent, ce sont ceux dont l'hygiène de vie ne pouvait pas soutenir l'intensité de l'effort.

À l'inverse, j'ai des amis qui ont été admis en médecine tout en gardant une vie sociale et en entretenant leur corps par le sport. Ils étaient en pleine forme, et ils ont réussi leurs concours. Ils n'ont pas réussi malgré le sport et le repos, mais en partie grâce à eux.

On remarque donc que dans les parcours longs, comme les marathons, il faut plus que du courage. Il faut une méthode de révision efficace, qui protège la personne entière, corps et esprit, sur toute la durée de l'effort.

La première clé : un plan et une organisation précise

Pour tenir la discipline dans ces marathons, il nous faut deux choses : un plan, et une autorité tierce. Il faut un plan et une organisation précise pour savoir où l'on en est, quelles sont nos prochaines missions, comment aborder les différentes difficultés, et quoi faire en cas d'imprévu. Personnellement, je savais que si je démarrais juste en me disant « je vais travailler tous les jours et donner mon maximum », je n'irais pas au bout du chemin, malgré toute ma volonté. Parce qu'il y aurait forcément des imprévus, et des moments plus difficiles à traverser. Ce qui nous sauve dans ces cas-là, c'est une organisation par jour et par bloc.

J'avais par exemple décidé de réduire mes sorties avec les amis par rapport à avant, sans pour autant les faire disparaître. Je me laissais une sortie le soir avec les amis le week-end, et je les voyais pour de courts moments dans la semaine, pendant mes pauses. Cela me permettait quand même de retrouver mes amis, de passer un moment qui me soulageait, de diminuer mon stress, et de reprendre plus fort.

Mais même là, je me fixais des limites. Je savais à quelle heure j'allais les voir, et pour une durée précise, quinze à trente minutes par exemple, sur la pause déjeuner. Et la sortie du soir devait respecter mon heure de coucher : je ne sacrifie pas mon sommeil pour le plaisir, parce que c'est un point trop important pour l'efficacité de mon travail et de mon apprentissage.

Le sport : un double avantage pendant les révisions

Ensuite, je plaçais des blocs d'activité physique dans mon planning. Le sport a deux avantages importants pendant une préparation. Le premier, on l'a vu : votre corps est en meilleure condition, en meilleure santé, ce qui vous permet d'atteindre votre plein potentiel au moment de l'effort et du travail.

Le second est plus indirect, mais réel. En pratiquant du sport, vous développez un corps plus solide et vous vous sentez mieux dans votre peau. Cela tend à renforcer la confiance en soi, et se sentir bien dans son corps soulage une partie de la charge mentale. Cette confiance compte énormément dans une préparation longue.

Le mental, d'ailleurs, est décisif. Dans le sport de compétition de haut niveau, ce que les entraîneurs recherchent le plus, c'est un joueur au mental d'acier, sûr de lui, capable de frapper sans hésiter à la dernière minute du temps réglementaire ou des arrêts de jeu. La préparation d'un concours, c'est pareil : la confiance en soi est ce qui vous fait tenir et décider dans les moments décisifs.

La deuxième clé : une autorité tierce qui vous pousse

La deuxième chose nécessaire, c'est une personne qui tient vraiment à la réalisation de votre projet, et qui va vous pousser dans les moments difficiles. Cette personne peut être n'importe quel proche : un ami, un parent, un compagnon ou une compagne, ou même un coach. Ce peut aussi être un ami qui prépare le même concours que vous. Dans ce cas, vous devenez commissaires l'un pour l'autre, chacun poussant l'autre à respecter ses engagements et son planning.

Il est tout à fait normal de manquer de motivation, de connaître des hauts et des bas au cours d'un long parcours, ce marathon dont on parle. C'est précisément pour ça qu'une personne tierce, qui vous pousse, est si importante. Et vous devez lui demander une chose : d'être dure avec vous. Qu'elle ne laisse ni la fatigue ni le découragement prendre le dessus. Car il faut sans cesse combattre l'envie du plaisir éphémère pour atteindre les sommets qu'on s'est promis.

Je comprends qu'il puisse être difficile de trouver une telle personne. Mais la vie elle-même est un autre vrai marathon, et vous avez besoin, autour de vous, de gens qui vous aiment, qui veulent grandir, et qui veulent vous voir grandir aussi. C'est un sujet qu'on traitera plus en détail dans un autre article, mais retenez l'essentiel : avoir à ses côtés une personne qui joue à la fois le rôle de motivateur et de commissaire, c'est ce qui vous permet de rester sur le bon chemin quand vous, seul, vous auriez lâché.

Rester concentré pour réviser : couper les réseaux sociaux

Un autre aspect essentiel pour réussir ce long marathon, c'est de sortir les réseaux sociaux de votre vie pendant cette période. Aussi difficile que cela puisse paraître, c'est une étape indispensable, et plus facile à appliquer qu'on ne le croit.

Les réseaux sociaux nous fournissent une dopamine facile, et c'est précisément ce qui nous empêche ensuite d'aller chercher notre satisfaction dans des activités plus longues, qui demandent un vrai effort. Ils détruisent notre attention et notre concentration, alors que c'est justement cette concentration qui permet de dépasser les autres et d'atteindre son vrai potentiel. Ce besoin de mini-pauses incessantes, cette incapacité à supporter le moindre ennui pendant l'effort, viennent en grande partie des réseaux sociaux. Il faut donc, dès le début, agir pour les empêcher de vous déranger.

La technique est simple : supprimez les applications de votre téléphone, et ne les regardez plus. Mais l'astuce la plus importante, celle qui fait toute la différence, c'est que vous devez impérativement trouver d'autres activités à faire dans les moments où vous en ressentez le manque. Moi qui ai galéré pendant des années à me libérer des réseaux sociaux, en essayant toutes les techniques possibles, c'est celle-là qui m'a enfin permis d'y arriver, et en très peu de temps.

C'est ainsi que j'ai pu me concentrer pleinement sur mon avenir, et apprendre à partir de zéro une langue que je ne connaissais pas, tout en allant à l'école et en suivant des cours dans cette langue que je ne maîtrisais pas encore. Aujourd'hui, je parle anglais, français, azéri, turc, russe et espagnol. Toutes ces langues, j'ai réussi à les apprendre en appliquant cette méthode et différentes astuces, dont je vous parlerai dans un article dédié.

En résumé : la méthode pour tenir sur la durée

Réussir un long marathon de préparation ne dépend pas seulement de votre courage ou du nombre d'heures que vous passez sur vos livres. Cela dépend de votre capacité à protéger la personne entière que vous êtes, sur toute la durée de l'effort. Un bon sommeil, une alimentation stable, un corps entretenu par le sport, une vie sociale mesurée mais préservée, un mental soutenu par une autorité tierce, et une attention libérée des réseaux sociaux : voilà les vrais piliers, ceux qui font tenir quand la seule volonté s'épuise.

J'ai traversé tout cela moi-même, d'un village d'Azerbaïdjan jusqu'aux bancs d'une école française, dans une langue que je ne connaissais pas. Si j'ai pu le faire, avec tous les désavantages que j'avais, c'est que la méthode compte plus que le talent de départ. Vous n'avez pas besoin d'être le plus doué. Vous avez besoin d'un plan, de quelqu'un qui vous tient, et d'une hygiène de vie qui soutient votre effort au lieu de le saboter.

Le marathon sera long, il y aura des hauts et des bas. Mais chaque journée où vous respectez votre plan est une victoire qui vous rapproche du sommet que vous vous êtes promis. Commencez aujourd'hui, une session après l'autre.

Cet article partage une expérience et une réflexion personnelles. En cas de stress intense, d'épuisement ou de mal-être pendant une préparation, l'avis d'un professionnel de santé reste précieux.

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